Je me suis acheté mon premier drone en 2020. C’était le tout premier DJI Mini. À cette époque, la réglementation européenne n’était pas encore d’application et la Belgique disposait encore de sa propre législation.
Souhaitant apprendre les choses correctement, j’ai suivi la formation Class 1 Pro auprès de l’école Espace Drone, située à l’aérodrome de Temploux. C’est là que j’ai appris les bases du pilotage, de la sécurité et de la réglementation.
Un an plus tard, la réglementation européenne est arrivée. Je me suis alors retrouvé avec une formation presque “poids lourd” pour piloter un drone de moins de 250 grammes ! Mais finalement, cette expérience m’a donné de solides bases.
J’ai commencé tout simplement, en réalisant quelques vols dans les parcs près de chez moi, tout en effectuant les notifications nécessaires via les applications belges. Au départ, on n’ose pas trop s’approcher des grands monuments. On se dit que ce n’est probablement pas possible. Puis, au fil des heures de vol, on apprend à comprendre les règles, à planifier correctement ses missions et à prendre confiance.
En catégorie Open, les vols de loisir restent relativement simples. Tant que certaines règles sont respectées et que le drone reste en vue directe, il est possible de voler dans de nombreux endroits après avoir effectué les notifications nécessaires.
J’ai continué à m’entraîner dans les parcs, notamment un hiver où Bruxelles s’était recouverte d’un magnifique manteau blanc. J’en ai profité pour réaliser quelques images du parc du Cinquantenaire enneigé. J’avais également très envie de découvrir le vol de nuit. Celui-ci est parfaitement autorisé en catégorie Open, à condition d’équiper le drone d’une lumière verte clignotante et de conserver le drone en vue.
J’ai ainsi pu réaliser l’une de mes premières vidéos nocturnes autour des arcades du Cinquantenaire, entièrement illuminées. Une ambiance magique.
Mais il y avait un monument que je rêvais de filmer depuis longtemps : l’Atomium.
Symbole national construit pour l’Exposition universelle de 1958, ce monument fait partie du paysage bruxellois depuis toujours. Je savais exactement le type d’images que je souhaitais obtenir. Un beau soleil, peu de vent et quelques plans bien précis en tête. Cela aide énormément à préparer un vol.
Je me suis rendu sur place à plusieurs reprises et j’ai même utilisé Google Earth afin d’étudier le monument en trois dimensions et imaginer les différents mouvements de caméra.
En août 2024, j’étais enfin prêt.
Je pensais effectuer certains plans jusqu’à 100 mètres de hauteur afin d’obtenir une belle contre-plongée. Mais lors de la préparation du vol, je me suis aperçu que cela ne serait pas possible. La région bruxelloise est divisée en différents secteurs avec des limitations d’altitude, et dans cette zone, dépasser certaines hauteurs implique de passer dans une catégorie d’opérations différente.
J’ai donc pris contact avec Skeyes afin de bien comprendre les règles applicables. J’aurais pu ignorer ces limitations, comme on peut malheureusement parfois le voir sur certaines vidéos publiées sur Internet. Mais je préfère faire partie des pilotes qui montrent l’exemple.
J’ai donc adapté mon vol et limité mon altitude.
Et finalement, cette contrainte s’est révélée être une chance. En restant à mi-hauteur de la structure, les images rendaient encore mieux compte des dimensions impressionnantes de l’Atomium. Comme quoi, certaines limitations permettent parfois de réaliser de meilleurs plans.
Avant de publier ma vidéo sur YouTube et mes réseaux sociaux, j’ai également pris contact avec l’ASBL Atomium afin de leur demander l’autorisation d’utiliser l’image du monument. Ils ont accepté avec beaucoup de gentillesse et ont même beaucoup apprécié ma vidéo.
Aujourd’hui encore, cette vidéo reste l’une de celles dont je suis le plus fier.
Parce qu’au-delà des images, ce que j’aime dans le drone, c’est aussi toute la préparation, le respect des règles et cette satisfaction particulière lorsque tout se déroule comme prévu.
Et parfois, les plus belles images sont celles que l’on obtient en respectant simplement les limites.
La vidéo est disponible dans la rubrique Mes vidéos du site.